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Histoire de Paul

1975 - Un film de René Féret / Durée : 1h12 / Format : 35 mm - 1.85 / Son : Dolby SR / Visa : n°44327
Histoire de Paul - affiche

Histoire de Paul a pour sujet l’arrivée d’un jeune homme dans un hôpital psychiatrique, à la suite d’une tentative de suicide dont nous ne connaissons pas les causes.
Car Histoire de Paul ne raconte pas le processus qui entraîne l’internement dans un asile, il se place d’emblée à l’intérieur des murs. Par l’intermédiaire de Paul, nous sommes invités à pénétrer dans un asile et à en connaître les lois et les mécanismes.
Nous subirons avec Paul le méfiance des autres fous, les décisions des médecins et, à travers quelques péripéties, nous assisterons à son intégration dans l’institution.
Le film se base sur le déroulement systématique du quotidien à travers les yeux des fous, du point de vue de leur groupe dans l’institution; c’est à travers leur regard que nous voyons les médecins, la psychologue, les infirmiers; et l’implacable absurdité du système des trois groupes humains condamnés à ne jamais se rencontrer: les médecins, les infirmiers et les malades.
Histoire de Paul ou comment Paul est condamné à ne plus jamais avoir d’histoire.

J’étais acteur de théâtre. Mon père est mort prématurément. J’avais 22 ans. Je l’ai très mal supporté. Alors que je jouais un très grand rôle dans une pièce de Dario Fo en Bretagne, j’ai fait une sorte de dépression nerveuse. Je tombais dans les pommes en scène. Je devais culpabiliser d’être encore en vie. Je ressentais le vertige d’une problématique vaste et mystérieuse qui allait être la source des sujets de mes films à venir. Mais j’étais encore très loin du cinéma. Ma déprime a été dramatique. J’ai fait une tentative de suicide, heureusement ratée, qui m’a mené dans un hôpital psychiatrique, dans le Nord, à Armentières. Juste pendant les événements de mai 68…J’en suis sorti trois mois après, marqué par ce que j’y avais vu : le malheur de la folie, l’enfermement, la force de l’institution, les groupes : médecins, infirmiers, malades… Je n’ai eu de cesse de raconter ça à mes amis. Six ans après, j’ai eu la force d’écrire un scénario et de chercher les moyens de réaliser un film. Sans rien savoir de la technique. Je n’ai pas trouvé un sou. Mais j’ai réuni une équipe d’acteurs et de techniciens. Un jour, le cousin d’un ami est passé chez moi. Il s’est vanté d’avoir hérité de 50 000 francs de sa grand-mère. Cet argent, il le méprisait ouvertement. Je lui ai demandé de me le prêter. C’était le minimum indispensable pour tourner. Il l’a fait. Je me suis retrouvé auteur-réalisateur-producteur. J’ai fait 170 000 francs de dettes. Le film terminé a eu le prix Jean Vigo et l’avance sur recettes sur film après réalisation : 200 000 francs.
J’ai du créer une société de production pour encaisser la somme et la redistribuer aux techniciens, aux acteurs et au fameux cousin à qui j’ai, comme promis, rendu 60 000 francs un an après le tournage.
Paul Allio, le fils du cinéaste, interprète le rôle principal avec une discrétion et une justesse remarquables. Il est entouré de pleins d’acteurs de théâtre (ceux de la compagnie Vincent-Jourdheuil: Jean Benguigui, Philippe Clévenot, Olivier Perrier, Roland Amstutz, et des amateurs que je faisais travailler dans une compagnie théâtrale que j’animais à la Maison des Jeunes de Clichy-sous-Bois.

René Féret

René Féret, dans ce film-expérience a mis des non-fous dans la boîte folie. Il leur a dit: laissez-vous aller, faites les fous aussi loin que vous vous sentirez poussés par la force des choses et la logique de l’enfermement. Et il en est sorti, dans sa réalité même, la forme raide, répétitive, rituelle de la folie : la folie, cette chose du monde la plus rigoureusement réglée.

Michel Foucault

Bande annonce

Distribution

Paul, le nouveau : Paul Allio
Le costaud : Michel Amphoux
L’italien : Jean Benguigui
L’harmonica : Bernard Bloch
L’angoissé : Claude Bouchery
L’amnésique : Philippe Clévenot
Le mystique : Georges Conti
Le lunettes : Yves Reynaud
Le violent : Richard Elbaz
Le lingère : Pierre Forget
Le rigolard : Olivier Perrier
L’escarre : Jean-Claude Perrin
Le doux : Alain Mergnat
L’Alexandre : Michel Raskine
Le jeune arabe : Mohamed Mokhtafi
Le commandant : Claude-Emile Rosen
La petite-fille : Josseline Lacarte
La mère : Nelly Stochl
Le personnel soignant : Yves Kerboul, Bernard Freyd, Roland Amstutz, Pierre Ascaride, Christian Drillaud, Jean-Louis Jacopin, Luc Simonet, Gildas Bourdet, Florence Camarroque

Technique

Scénario et dialogues : René Féret
Réalisation : René Féret
Assistant réalisateur : Claude Gaignaire
Image : Nurith Aviv
Assistant caméra : Denis Gheerbrant
Régie : Claude Esnault
Script : Irène Montagne
Ingénieur du son : Francis Bonfanti
Perchman : Patrice Noïa, Antoine Bonfanti
Décor et accessoire : Jean Haas
Costumes : Dany Perrier, Noëlle Perrier
Montage : Vincent Pinel
Photographe de plateau : Daniel Fondimare
Directrice de production : Michelle Plàa

Production Films Arquebuse

Photos

Presse

Le Monde, Michel Foucault : “La folie, cette chose du monde la plus rigoureusement réglée.” (lire)
Le Nouvel Observateur, Jean-Louis Bory : “Féret a réussi : Paul nous est fraternel.” (lire)
Libération, Jacques Doyon : “Au sortir du film, on vacille” (lire)

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