Deux
films inédits
Un romancier peut se permettre de rater un roman et le mettre à la
poubelle sans conséquence, avant même de le publier. Au cinéma,
les échecs sont problématiques, ils entraînent des pertes
financières importantes. Je me suis lancé dans chacun de ces
deux échecs à corps perdu, de la même façon qu’avec
tous les autres films. Je me suis planté pour un tas de raisons,
artistiques et financières.
L’enfant-roi -1980
un film de René Féret
J’ai tourné ce film sans préparation, trois semaines
après la fin du tournage de “Fernand”. Il s’agissait
d’une sublimation de ma vie de couple. Un cinéaste imagine
les images d’un monde à venir où les enfants ne naissent
plus. C’était directement lié à ce que je vivais:
la naissance de mon fils qui avait ravivé mes problèmes d’identité
et avait entraîné la chute vertigineuse de mon couple. Ca mettait
aussi sérieusement en péril ma créativité et,
voulant à tout prix retenir cette chute, j’ai écrit
ce conte, y faisant jouer la mère de mon fils, alors que nous venions
de nous séparer et mon fils, Julien, âgé de quatre ans
et demi. J’ai fait jouer mon frère, ma propre mère,
j’y ai joué moi-même. La vision du film entraîne
un sentiment de catastrophe chez le spectateur, un échec magistral.
En accord avec UGC qui en était le co-producteur et le distributeur,
le film n’est jamais sorti. Juste après l’échec
commercial de “Fernand”, le coup était rude. Je me suis
éloigné pendant cinq années de la réalisation,
devenant producteur. Une journée de rencontre avec John Cassavetes
dont je voulais produire en Europe “Love streams”, a remis mon
désir de réaliser à la première place. Je lui
dois cette prise de conscience.
synopsis
Le cinéaste Pierre Laurent vient de terminer son dernier film et
il commence à imaginer le prochain.
Très vite, à travers les souvenirs de son vécu personnel,
des éléments de fiction et des morceaux de son film lui apparaissent
en images.
Lorsqu’à la fin du film le tournage commence, nous en connaissons
déjà les sources d’inpiration.
Pierre Laurent, à travers ses propres phantasmes, vit et invente
sur le thème de l’enfant, de l’amour, de la création.
liste technique
Scénario
et dialogues: René Féret
Réalisateur et producteur : René Féret
Image: Gilberto Azevedo
Son: Alix Comte
Décor: Hilton Mc Connico
Musique: Michel Coeuriot
avec:
Roger Van Hool
Julien Féret
Sophie Féret
Michèle Plàa
Caroline Chaniolleau
René Féret
Aline Féret
Bernard Féret
Nicole Féret
Claude-Emile Rosen
L'homme qui n'était pas là-
1987
un film de René Féret
J’étais tombé sur un roman américain de Roderick
Mac Leish, “The man who wasn’t there”, qui contenait
des thèmes intéressants: un homme devenait fou et allait
jusqu’à vouloir tuer son fils car il était manipulé
à distance sur la base de sa problèmatique psychologique.
Nous avons écrit le scénario avec Rémi Waterhouse.
L’idée était de faire un thriller élégant.
J’ai engagé Jacques Dufilho, Georges Descrières, Claude
Jade, Sabine Haudepin, et naturellement Valérie Stroh avec laquelle
je venais de faire Mystère Alexina et j’ai interprété
le rôle principal… Thierry Mugler a fait les costumes et Charles
Némès coachait mon jeu.
J’ai financé le film tout seul avec l’aide des banques.
C’était l’époque où les chaînes
de télé explosaient et j’étais sûr d’être
récupépé financièrement par elles.
Le film ne fonctionnait pas. Personne n’en a voulu. Avec un million
d’euros de dettes, j’ai dû déposer le bilan de
ma société, en accord avec mes créanciers dont j’avais
conservé la sympathie. J’ai recréé une nouvelle
société de production et j’ai écrit “Baptême”.
synopsis
Le célèbre acteur Charles Elaine (René Féret)
est au faîte de sa carrière. Il est riche et célèbre.
La redoutable théorie du psychiatre Fouier va s’illustrer
sur lui en tentant de le faire succomber à un infâme complot
qui doit le conduire à un état de démence irréversible.
Qui a intérêt à en vouloir à Charles à
ce point?
Pierre Strosser (Jacques Dufilho) et sa fille Isabelle (Sabine Haudepin),
les avocats de Charles?
Son ancienne femme, Lise?
Sa soeur Alice (Claude Jade)?
Son beau-père Alexandre (Georges Descrières)?
Son jeune fils Théodore (Mikaël D’Abbadie)?
La jeune italienne Rella Delle Noce (Valérie Stroh) dont Charles
va tomber violemment amoureux?
liste technique
Production et réalisation : René Féret
Scénario, adaptation et dialogues : René Féret avec
la collaboration de Rémi Waterhouse
Image : Alain Levent
Son : Alix Comte
Costumes : Thierry Mugler
Montage : Catherine Zins
Musique : René Urtreger
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